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La finale du Hackathon « Tech4DRights » initié par le Collectif des associations contre l’impunité au Togo (CACIT) et ses partenaires notamment, l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et Nunya Lab, s’est déroulée lundi à Lomé. A l’issue, les solutions « Believe » et « E-réinsertion » ont été proclamées lauréates par le jury. Elles feront l’objet d’un plaidoyer auprès de différentes institutions pour aider à leur mise œuvre dans les 13 prisons civiles de Lomé.
Le Hackathon vise à résoudre les défis rencontrés dans le milieu carcéral en ce temps de pandémie en stimulant l’innovation et la créativité entrepreneuriale dans l’écosystème togolais. Placé sous le thème : « La réponse numérique à la crise au changement des systèmes à l’ère de la Covid-19 », il entend favoriser la création et le développement de solutions innovantes en faveur de l’amélioration des conditions des détenus dans leur milieu.
Depuis le 2 novembre dernier, 5 équipes de 3 jeunes qui se sont préalablement inscrits pour la compétition ont été appuyées par les personnes ressources de Nunya Lab, All Solutions et TIDD pour proposer chacune une solution innovante dans 4 domaines. Il s’agit de : Mesures alternatives à la détention pour lutter contre la surpopulation carcérale, accès aux lieux de détention, mesures sanitaires dans les lieux de détention et mesures sécuritaires dans les lieux de détention.
Au final, la solution « Believe » a été retenue comme la meilleure par les membres du jury. Il s’agit d’une plateforme couplée d’un système de géolocalisation notamment un bracelet électronique pour permettre à l’administration de pouvoir suivre des personnes en détention provisoire. Ces personnes ne seront plus forcément en prison mais elles seront chez elles avec des restrictions de mouvement. La mise en œuvre de cette solution permettra de résoudre le problème de surpopulation dans les prisons.
Elle est suivie de la solution « E-réinsertion » est un suivi participatif et collaboratif des ex-détenus par les acteurs impliqués dans la réinsertion. Elle consiste à mettre à la disposition des parents des ex-détenus une application pour leur permettre de signaler les mauvais comportements susceptibles de les ramener en prison. C’est une solution qui permettra de réduire le taux de récidive.
Les porteurs de ces projets ont reçu respectivement un chèque de 500 000 F CFA et 300 000 F CFA.
La chargée du suivi des populations carcérales, de l’action sociale et de la réinsertion à la prison de Lomé, Eugénie Kodjolo se dit émue par les solutions proposées par les jeunes.
« Je suis surprise de voir qu’il y a des jeunes qui pensent à leurs frères et sœurs qui sont en détention et qui voudraient faire quelque choses aux côtés de l’Etat pour améliorer leurs conditions de détention. Toutes les problématiques qu’ils ont abordées prennent en compte les maux qui minent l’administration pénitentiaire », a-t-elle déclaré.
Pour sa part, le responsable monitoring du suivi de mécanisme de protection des droits de l’homme au CACIT, Markus Dakla s’est félicité que pour une première fois, une organisation de la société civile a trouvé des solutions digitalisées au problème de surpopulation carcérale.
« Ce projet vient en complément au code de procédure pénale en gestation parce qu’il va aider le juge à réduire des peines de grâce pour pouvoir appliquer des peines alternatives aux prévenus futurs ou à ceux qui sont déjà là. Nous attendons que le gouvernement puisse saisir l’occasion pour implémenter cet outil dans les prisons du Togo. Nous allons mobiliser des fonds avec les solutions proposées pour répondre aux problèmes rencontrés dans les prisons», a-t-il ajouté.
Notons que les 3 autres équipes restantes n’ont pas démérité. Leurs solutions seront également prises en compte dans le plaidoyer pour une meilleure gestion des prisons du Togo.
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