samedi, octobre 10, 2026
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    Johannes Bavon : ‘le parti qui nous régente n’est ni omnipotent, ni d’Hercule, ni surnaturel’

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    Que peut faire l’opposition togolaise pour rendre possible l’alternance en 2020? C’est la grande question qui se pose actuellement, au lendemain des élections locales du 30 juin gagnées largement par le parti au pouvoir et que 47% des électeurs ont boycottées, si on s’en tient aux chiffres publiés par la CENI. Au nombre des rares voix qui croient encore à cette alternance en 2020, se trouve un certain Johannes Bavon. Le secrétaire général du Front des architectes de la République (FAR) persiste et signe, l’Union pour la République (UNIR), le parti de Faure Gnassingbé, est faible et peut être prise en 2020, souligne-t-il, ‘comme un rat dans un piège ghanéen’.

    Pour démontrer cette ‘faiblesse’ du parti au pouvoir, le pasteur Bavon a fait savoir que les personnes avisées voient en les ‘tergiversations’ et ‘agitations’ du pouvoir face à la moindre manifestation, les agissements d’une personne qui n’a pas la maîtrise réelle de la chose. Sa force, a-t-il ajouté, réside dans le fait qu’il fait toujours bloc contre l’ennemi commun comme, a-t-il relevé, ‘les hyènes arrivent à former une meute contre les lions’.

    « Ce parti qui nous régente n’est ni omnipotent, ni d’Hercule, ni surnaturel. Ceux qui dirigent n’ont pas une intelligente supérieure. Nous avons seulement des imaginations concernant ce parti. C’est un parti qui a beaucoup de faiblesses. Même sur le plan spirituel, nous avons les moyens pour le renverser. Il suffit seulement de s’asseoir, de prendre courage et de ne pas vendre la lutte d’avance », a-t-il lancé lundi sur la radio Nana FM.  

    Contrairement à ce que d’aucuns disent, rassure Johannes Bavon, il y a assez de temps pour l’opposition de se préparer. Et, croit-il, une seule parole suffit pour que ce peuple qui semble être dans la ‘glacière’, se réveille et commence par vociférer.

    Mais lorsqu’une opposition est désavouée à cause des incompréhensions entre elles et le peuple, il y a, en règle générale des choses à faire, a-t-il relativisé. Pour M. Bavon, il y en a 4 choses au total que l’opposition togolaise doit actuellement faire.

    La première chose, a-t-il dit, c’est que l’opposition doit demander ‘pardon’ au peuple. « C’est ce que Mme Adjamagbo a voulu faire entre-temps. Mais cet acte ne peut être isolé parce que c’est une responsabilité collective », a-t-il nuancé.

    La 2ème chose, a-t-il insisté, c’est que les visages qui portent l’échec doivent disparaître pour un temps. « C’est la raison pour laquelle aux Etats-Unis, quand quelqu’un se présente aux élections présidentielles une ou 2 fois, on ne lui permet plus de participer parce qu’il est le visage de l’échec de la lutte. En France, c’est encore plus dur. Une 1ère fois que le pourcentage n’est pas obtenu, le parti ne présente plus cette personne. On agit comme cela à cause de la psychologie des personnes. Une telle personne doit forcément se cacher un peu le visage et on doit choisir des jeunes qui peuvent faire l’affaire. Les anciens ne sont pas rangés dans les placards mais ils doivent être derrière et pousser. Cela permet au peuple de voir une nouvelle chose et d’avoir une nouvelle motivation », précise-t-il.

    La 3ème chose, note le premier responsable de ce mouvement politique, c’est que l’opposition doit mettre en place une nouvelle organisation plus sérieuse. « Il faut que l’opposition se montre plus responsable et plus présidentiable dans ses comportements, sa manière de parler, bref en toute chose. L’opposition doit avoir une apparence qui séduise les électeurs », a-t-il marqué.

    La dernière chose est un programme, soutient cet ‘homme de Dieu’ et proposant.  « On ne gagne pas une élection juste en haïssant le pouvoir, en disant au peuple que celui qui est au pouvoir est la bête noire. On ne gagne pas une élection juste en sachant insulter ceux qui sont au pouvoir. On gagne une élection en convaincant le peuple avec des programmes solides, efficaces, intelligemment élaborés qui répondent exactement et véritablement aux besoins des gens », a-t-il asséné.

    Selon lui, les Togolais sont fatigués de la misère et n’arrivent plus à s’en sortir. Et manger 3 fois au Togo, fait-il remarquer, relève du luxe et les conditions économiques du pays deviennent fastidieuses, a-t-il dit.

    Johannes Bavon pense que si l’opposition togolaise se présente à la présidentielle de 2020 en rang dispersé, elle sera battue à plate couture au premier tour par le candidat du pouvoir. 

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