dimanche, octobre 11, 2026
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    Portrait : Noellie Falone Alognon, la voix du « non au diktat de la beauté à l’occidental »

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    Elle est le porte-étendard du Nappy au Togo, ce mouvement mondial qui prône le retour au naturel dans la cosmétique. Avec passion, humour et détermination, la jeune  Noellie Falone Alognon, promotrice de Beauty Nap et coach capillaire, a passé du temps à asseoir les bases d’une philosophie du « non au diktat de la beauté à l’occidental ». D’un instinct combatif, Falone est seule à la commande de son entreprise de production, de vente de cosmétiques naturel et de conseils.

    « C’est toute une tracasserie pour avoir les contenants, un bon graphiste, je supervise tout ça. Je n’ai pas une grande équipe, je fais la production, la mise en bouteille, l’étiquetage, je fais la communication », liste-elle avec fierté.

    La trentaine et célibataire, elle peut bien compter sur son don d’ubiquité pour affronter ses journées à la fois courtes et longues, qui ne se ressemblent pas et qui ne se programment pas. Grâce à Facebook, Whatsapp et Intergram,  Falone offre instantanément ses services à  son salon et aux quatre coins du monde.

    « Je suis à ce niveau grâce aux réseaux sociaux. 90% de mes clients sont sur les réseaux sociaux. Je suis très réseau social », affirme-t-elle le regard perdu dans son Smartphone.

    Tout naturellement, la diplômée en communication des entreprises avait un faible pour l’entretien des cheveux puisque la nature les lui a pourvu d’une masse de chevelures dans son enfance. Certes, elle se voyait Directrice de son propre cabinet de communication.

    Déjà  employé dans une société de la place, Falone a pris conscience des conséquences des défrisants sur la santé. Très vite, elle va associer son amour pour la nature et son envie d’offrir mieux que les produits de beauté  sur le marché, pour signer son retour au naturel.

    Grâce aux recherches sur internet, Falone fabriquait ses premières cosmétiques qu’elle partage de bon  cœur avec ses amis. Face à une demande de plus en plus croissante de ses amis, elle se perfectionne avec des recherches plus pointues pour satisfaire sa toute première clientèle.

    « Moi, je n’ai pas été à une formation, mais j’ai pris le temps d’acheter des livres, je passe des nuits blanches à être sur Google, à toujours vouloir ce qu’il faut améliorer », confie-t-elle dans un mouvement saccadé à la recherche d’un bouquin.

    De la passion au combat

    Le chemin du retour au naturel n’a pas été chose facile pour la nouvelle idéologiste, tout comme sa vingtaine de kilomètres journalière pour se rendre quotidiennement à son salon. Elle essuie des critiques, parfois acerbes de ses pairs très convaincues qu’une femme n’est belle qu’avec les cheveux lisses.

    « Je n’ai pas eu de problème avec les hommes quand je suis revenue au naturel, mais avec les femmes elles-mêmes. Les femmes sont plus sujettes à des critiques par les femmes », a-t-elle déploré.

    Elle se rappelle d’un de ces désagréables moments : « un jour, je me suis faite des twist out (coiffure ondulée difficile à réaliser avec des cheveux naturel, ndlr), j’arrive fièrement au boulot et il y a une dame qui me dit, mademoiselle Alognon, une fille ça se défrise les cheveux, tu ne t’es pas peigné aujourd’hui ? Je lui réponds madame je sais ! Devant elle, j’avais toute mon assurance mais au fond de moi, j’étais cassée ».

    Chaque confrontation similaire, réconforte la stoïcienne dans son choix identitaire de retour au naturel ; elle qui n’a pas de transition entre l’échec et la réussite.

    « Aujourd’hui, on a la possibilité de dire non à ce que les autres nous envoient, de pouvoir accepter ce qu’on est en tant que race, en tant que peuple noir et en tant que femme noire. C’est très important; pour moi, c’est un point crucial sur lequel je vais vraiment travailler dans l’avenir.  Le retour au naturel ne doit pas se faire par effet de mode mais un choix identitaire fait en toute liberté et en toute connaissance de cause », lance-t-elle avec ardeur.

    Beauty Nap pour donner corps à la lutte

    Depuis trois (03) ans, Falone est passée à son propre compte avec le Beauty Nap pour dit-elle, faire profiter sa lutte à tous. « Je me suis mise à mon compte parce que je me suis trouvée une passion que j’aimais bien, que je ne voulais pas garder pour moi et que je voulais faire profiter à tout le monde », explique-t-elle.

    Très esthète, les emballages et la qualité des produits de marque Beauty Nap n’ont rien à envier aux cosmétiques importées. Shampoing, crème, lotion, macéra, savon, gel de douche, lait de corps, gamme pour bébé, tous sont faits d’ingrédients locaux, des plus ordinaires aux plus banals dont Falone a le secret. On retient entre autres le savon noir, les huiles de coco, de palmiste, d’ail, d’hibiscus, de chanvre, des beurres de cacao et  de karité. Le  café, le gombo, le concombre, le curcuma, le  citron,  la rose, le  gingembre, le clou de girofle etc. complètent le décor.

    Faut-il le souligner, la plupart des ingrédients viennent de son jardin potager et horticole, qu’elle cultive avec amour et passion de femme. De plus, elle n’utilise que des ingrédients produits ou consommés en Afrique.

    Née de parents modestes, l’argent est le benjamin des objectifs de cette sociale entrepreneure très connue aux rencontres commerciales et cosmétiques. « Ma satisfaction n’est pas dans le côté financier, elle est dans ce dépassement de moi-même que j’ai chaque jour face à chaque challenge, surtout dans le domaine dans lequel je suis aujourd’hui », insiste-t-elle avant d’ajouter : « si aujourd’hui, une personne me dit : je suis au naturel ou je veux revenir au naturel mais j’ai ce budget, je peux satisfaire cette personne».

    Très challenger, Falone s’assigne de nouvelles missions de taille pour les cinq (05) prochaines années. La défenseuse des femmes rondes veut désormais mener sa lutte à la base pour susciter une prise de conscience du retour au naturel chez la jeunesse féminine et dans le même temps accroître les services du Beauty Nap pour servir hommes et femmes.

    « Nous avons beaucoup  à faire. Il faut un travail d’impact. A un moment donné ce sera engageant, mais ça va frustrer beaucoup de personnes », prévient-t-elle.

    Quoi qu’advienne, l’influenceuse et coorganisatrice des rencontres Nappy du 228 n’est pas prête à abandonner sa lutte pour le retour au naturel. Si Falone à de l’énergie à revendre dans sa lutte, c’est qu’elle estime y avoir tellement consacré de temps et d’énergie au point que le challenge au quotidien devient sa source de réussite. « Aujourd’hui j’aime tellement ce que je fais qu’il faut vraiment des millions de coups de massues pour me faire raccrocher. Ce n’est pas de la prétention ! », affirme-t-elle toute confiante.

    En ses mauvais jours, surtout quand elle tire le diable par la queue, elle se fie à une seule chose : sa « foi inébranlable en Dieu et en  son travail ».

    Ce portrait est réalisé  dans le cadre du Projet « Global Com Leadership féminin » du site d’informations Global Actu, pour permettre une visibilité aux femmes entrepreneures togolaises.

    Jérémie Gadah

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