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« Comment nos ancêtres faisaient-ils pour reconnaître un sol ferralitique d’un autre sol ? Comment faisaient-ils pour exploiter ce sol, extraire le fer et fabriquer leurs outils ? Comment faisaient-ils pour reconnaître les sols où il y a l’or et l’extraire ? Comment se fait-il que des centaines d’années plus tard, tous nos gisements d’or sont donnés aux autres pour qu’ils viennent les exploiter et faire ce qu’ils veulent ? ».
Ces questions qu’on évite souvent en Afrique, sont du président burkinabè. Le capitaine Ibrahim Traoré s’adressait ce mercredi à la communauté scientifique, lors de l’ouverture de la 15è édition du Forum national de la recherche scientifique et des innovations technologiques (FRSIT).
Devant les innovateurs, les économistes, les inventeurs, les enseignants chercheurs venus de plusieurs pays à Ouagadougou, il a fait savoir que nos ancêtres étaient bien plus intelligents que nous aujourd’hui. « Et nous sommes plus bêtes qu’eux », a-t-il ajouté.
Pour le jeune capitaine au pouvoir depuis quelques années, le retard de l’Afrique s’explique par le fait qu’elle est endormie dans des concepts que d’autres lui envoient. A cela, a-t-il poursuivi, s’ajoute un formatage pour la consommation des produits étrangers. Le plus grave, a-t-il lancé, c’est que certains Africains sont formés pour prendre la parole et dire que l’Afrique ne peut faire mieux.
L’un des concepts auquel il s’est attaqué, est le facteur travail. Pour ce président, une Afrique en retard ne peut accepter et défendre 8 heures de travail.
« Ils (les blancs, ndlr) sont venus nous endormir avec beaucoup de concepts’. Si nous voulons rattraper notre retard, il faut qu’on se remette au travail », a-t-il exhorté.
Il s’est attaqué à plusieurs événements de distraction et surtout à l’importation tous azimuts de biens au Burkina Faso. « Aucune société ne va plus importer des meubles au Burkina Faso, celui qui sera pris en train de passer un marché de ce genre à l’extérieur, ce sera, a-t-il prévenu, à ses risques et périls ».
Donnant l’exemple de l’habillement, il a déclaré que si les 20 millions de Burkinabè dépensaient chacun 10.000 francs CFA par an dans l’habillement venu d’ailleurs, cela enrichirait un autre pays de 20 milliards par an.
Le Burkina Faso, a-t-il prévenu, ne va plus importer des meubles.
A la jeunesse de son pays, il a adressé un coup de gueule : « Ne croyez pas que le fait de boire, danser, faire la fête peut nous amener à atteindre un certain niveau. A travers ce comportement, on ne peut que rester esclaves, consommer ce qu’ils produisent mais, surtout, en leur donnant à vil prix nos richesses, parce qu’on n’a pas le choix, on ne sait rien faire ».
Ibrahim Traoré pense qu’un nouvel élan qui permet d’espérer et de prospérer est bien possible. C’est le réveil de la jeunesse et le travail. « C’est bien possible qu’on exploite nos richesses et être à l’aise », a-t-il soutenu.
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