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La CEDEAO, cette communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest, très politisée ces dernières années, va mal. Si rien n’est fait, cette communauté créée en 1975 et qui est appelée à terme à devenir un seul Etat fédéral, ne représentera plus que l’ombre d’elle-même. De 15 pays membres, il n’en reste depuis quelques mois que 12. Les 3 autres ont claqué la porte et ont créé l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
Arrivé au pouvoir en mars dernier au Sénégal, et ayant fait le déplacement de la Mauritanie (ne fait pas partie de la CEDEAO des 15 Etats), la Gambie, la Guinée Bissau, la Côte d’Ivoire, le Nigeria, le Ghana, la Guinée, le Mali, le Burkina Faso, Bassirou Diomaye Faye constate que les positions sont figées et les portes du dialogue sont fermées.
Au Burkina Faso où il a terminé ce jeudi sa tournée ouest africaine, le jeune président appelle ses pairs à mettre de l’eau dans leur vin.
Les exhortations de Diomaye Faye à ses pairs
‘Il ne nous faut pas fermer les fenêtres et tirer les rideaux. Il faut les espaces pour nous héler, nous disputer s’il le faut mais vider ce qui est en nous mais surtout pour permettre à des pays qui sont un peu plus éloignés sur le plan physique, des théâtres d’opérations liées à l’insécurité de comprendre ce que les pays qui le vivent directement sur le terrain sont en train de vivre et d’avoir plus de compassion , de se sentir davantage concernés parce que le fléau a toujours une zone de démarrage mais quand on voit aujourd’hui l’expansion, on sait qu’aucun pays n’est épargné, ni directement, ni indirectement’, a-t-il déclaré au sortir de l’entretien avec son homologue burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré.
Le président sénégalais dit être disponible à continuer à travailler auprès des 2 camps tranchés pour, dira-t-il, qu’il y ait des ‘plages de convergence’ permettant de discuter de ce qui ne marche pas.
‘Nous avons la responsabilité historique et l’héritage de nos pères fondateurs par rapport à cet ensemble-là…et faire en sorte que la CEDEAO reste ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, à savoir un organe d’intégration que nous devons pérenniser et renforcer et que nous devons protéger contre toutes les velléités qui vont dans le sens de détourner de son objectif d’intégration africaine et de ce qui est sa nature à savoir la CEDEAO des peuples, qu’elle continue à être cela et qu’elle continue surtout à être un cadre où nous allons adresser les défis’, a-t-il ajouté.
Les défis, selon lui, sont nombreux. Le premier et le plus prégnant, selon lui, est sécuritaire. A cela, s’ajoutent, a-t-il énuméré, le défi de la migration irrégulière, de la lutte contre le trafic d’êtres humains et de trafic de substances illicites etc.
‘Ce n’est que dans la concertation et les échanges de renseignements, les opérations conjointes qu’on réussira ensemble à prendre le dessus sur ces fléaux des temps modernes qui nous gangrènent aujourd’hui’, a marqué M. Faye.
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