A 19 ans et père de 3 enfants, Foly F. a été arrêté en train de voler les rétroviseurs d’une voiture à Cerfer. Depuis octobre 2021, il croupit en prison. Vendredi au tribunal de Lomé, ce jeune en fin d’apprentissage de la menuiserie aluminium a été condamné à 12 mois de prison dont 8 avec sursis. Une peine légère prononcée par le juge, grâce à la plaidoirie gratuite faite par son avocat, Me Prince Zacharie Wilson Adjete.
Dans son réquisitoire, le procureur de la République a demandé à ce qu’il soit condamné à 12 mois de prison dont 6 avec sursis. Le plaignant, avocat de son état, a expliqué que 3 fois en 3 semaines, il a été victime de vol d’accessoires sur sa voiture garée alors qu’il est au travail. Il a ajouté qu’il s’agit d’un fait à la limite banal mais répétitif qui empoisonne la vie d’honnêtes personnes.
Comme Kodjo, ils sont au nombre de 15, ces détenus qui n’ont pas de moyens mais qui ont vu leur dossier défendu gratuitement vendredi au tribunal de première instance de Lomé par des avocats. Ces séances de plaidoiries gratuites dénommées programme ‘Probono’ sont une initiative portée depuis avril 2021 par l’Union des jeunes avocats du Togo (UJAT) et Global Alumni Association of Togo (GAAT).
Après avoir parcouru 9 juridictions du sud du Togo, notamment Lomé, Aného, Atakpamé, Vogan, Tabligbo, Kpalimé, Kévé, Atakpamé et Tsévié, ces séances sont à leur clôture ce vendredi à Lomé. Me Yao Dusi, président de cette union donne les raisons qui les ont poussés à voler au secours de certains détenus.
« Dans une société, il y a une marge qui n’a forcément pas de moyens. Pour constituer un conseil, c’est une affaire de moyens. Nous avons pris sur nous de voler au secours de ces détenus qui n’ont pas de moyens. L’objectif, ce n’est pas forcément de les faire libérer mais de les fixer par rapport au temps qu’ils feront en prison », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que les infractions pour lesquelles ces personnes sont arrêtées et détenues, sont de plusieurs natures. Il y a les cas de vol, d’abus de confiance, d’escroquerie, de violence volontaire et d’autres
Le GAAT est une association composée de Togolais qui ont été boursiers des programmes d’échanges de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique. Revenus des Etats-Unis avec l’expérience américaine, ils essaient dans plusieurs domaines de faire profiter ces expériences à leur pays.
Selon Me Gnavo Attivi, avocat à la cour et membre du GAAT, c’est ce qui explique l’existence de ce projet d’humanisme envers les détenus mais qui n’ont pas les moyens financiers de se payer les services d’avocats.
L’union des jeunes avocats du Togo et GAAT, après un bilan de tout ce qui a été fait dans le cadre de ce programme depuis avril, va se lancer vers les juridictions qui se trouvent dans la partie septentrionale du pays pour le même exercice envers les détenus qui n’ont pas les moyens de s’offrir les services d’avocats.
Ce type de programme, selon Joanita Kouevi, coordinatrice des programmes d’échanges à l’ambassade des Etats-Unis au Togo, est une aide juridictionnelle très répandue chez les Américains.
Pour rappel, si pour l’instant on ne connaît pas le nombre de détenus qui ont eu à bénéficier de cette assistance, plusieurs personnes détenues ont pu être libérées. D’autres sont désormais fixés sur leur sort.





