L’artiste togolais de la chanson, Papson Moutité, interpellé et incarcéré en début du mois d’avril dernier, est libre depuis jeudi. La situation suscite beaucoup de commentaires sur les réseaux sociaux. Comment et pourquoi, se demande-t-on, l’auteur présumé de viol, de sodomie et de sextape se retrouve-t-il en liberté, seulement un mois après son incarcération?
Pour avoir des réponses, Global Actu est allé à l’information. La première information est que Papson Moutité, de son vrai nom Midodji Amoussou, sur le chemin de la prison civile de Lomé, a perdu connaissance et n’est revenu dans le monde des vivants que 7 jours plus tard. Il se retrouvera au cabanon, le lieu où il a passé ses 34 jours de détention.
Depuis hier, il a obtenu une mise en liberté provisoire, après avoir payé une caution de 300.000 francs CFA.
Et la raison pour laquelle il est libéré, est qu’il est souffrant. Le certificat médical produit le 6 mai dernier par le Centre hospitalier universitaire Sylvanus Olympio (CHU SO), atteste que l’artiste souffre de 2 maladies que nous préférons ne pas divulguer. Selon Dr Eric Belei, médecin au service des urgences médicales du CHU Sylvanus Olympio, signataire dudit certificat, « l’état de détention de monsieur Midodji Amoussou constitue un facteur aggravant de son état de santé ».
Est-il vraiment souffrant ? Qui mieux que l’artiste peut répondre à cette question ? Pour s’enquérir de la vérité, nous avons approché l’artiste en question. Le premier constat est qu’il est visiblement souffrant. Le président de l’ONG ‘Chan Mou’ a perdu du poids et se déplace à l’aide de 2 béquilles. Même assis, sa main et son pied droits sont tremblotants.
Ses premiers mots ont été de raconter son ‘calvaire’ sanitaire. « Vous qui m’interviewez, vous voyez mon état. Je suis très malade. D’ailleurs, j’étais malade avant que cette histoire ne commence. Le ministère de la Santé, compte tenu de mes raisons de santé, a décidé de me permettre d’aller me soigner. Ils estiment que je dois être en bonne santé pour répondre et faire face à ce que les plaignants disent », a-t-il expliqué sans mot de plus.
A ceux qui pensent qu’il est libéré pour des raisons autres que sanitaires, Papson Moutité dit ceci : « si je suis libéré, ce n’est pas parce que quelqu’un a voulu que je sois dehors. La santé d’un détenu, d’un coupable ou d’un prétendu accusé est importante aussi. J’ai un certificat médical qui m’a permis de sortir ».
Il dit rendre grâce à Dieu pour la vie qui l’anime encore. « Du jour au lendemain, je me suis retrouvé à l’hôpital pour 34 jours sans manger ni boire, toujours sous perfusion. J’ai perdu plus d’une dizaine de kilos et j’arrive à peine à tenir debout. Je ne le dis pas pour qu’on ait pitié de moi mais je le dis tel que cela s’est passé. En tout cas, j’ai dit au juge que je reste entièrement à la disposition de la justice pour une seule raison : celui qui n’a pas fauté, ne fuit pas, celui qui n’est pas en erreur, n’esquive pas », soutient-il.
L’artiste dit savoir très bien ce qu’il a fait dans cette histoire. « Ce n’est ni la pornographie, ni le viol, ni la sodomie et la sextape. Je regrette d’avoir été emporté par la colère que je n’ai pas pu contrôler en tant que chef d’entreprise et à dire aux gardes de fesser une de mes collaboratrices. J’ai les preuves du contraire », a-t-il prévenu.
« Cette histoire, je l’ai découverte comme tout le monde. Jamais, je n’ai violé qui que ce soit comme les gens le disent. Ma moralité ne me permet même pas de faire de la pornographie. Je suis une personne que Dieu a bénie, je lui rends grâce. Je ne sais pas ce qui me manque pour violer une personne ou faire de la pornographie. Je ne peux pas aujourd’hui dire plus que ça. Tout ce que je sais, c’est que je peux faire des erreurs, des bêtises mais aller jusqu’à violer une personne, ça, je ne peux jamais le faire », a-t-il souligné.







