Les élections législatives étant passées, le pouvoir de Lomé se prépare à organiser dans le courant de cette année les premières élections locales jamais organisées depuis plus de 30 ans. L’Union des forces de changement (UFC), aujourd’hui principale force de l’opposition parlementaire, ne manque pas de prodiguer des conseils à la coalition des 14 partis politiques de l’opposition, protagoniste de la crise sociopolitique togolaise.
Pour le parti politique qui se dit aîné de la classe politique togolaise, Jean-Pierre Fabre, Brigitte Adjamagbo Johnson et les autres responsables de la coalition doivent reconsidérer leurs positions et envisager d’aller aux prochaines élections locales. « S’ils ne sont pas à l’Assemblée nationale, ce n’est pas la fin du monde mais qu’ils ne laissent pas tout passer. Ils sont dans la République, il faut qu’ils puissent s’exprimer aussi », a déclaré vendredi Séna Alipui, le président du groupe parlementaire UFC.
Selon ce lieutenant de Gilchrist Olympio qui s’exprimait sur les ondes de la radio Nana FM, si ce sont les réformes politiques qui empêchent les acteurs politiques de la coalition de dormir, ils peuvent commencer à penser à autre chose. A l’UFC, on estime que la plupart des conditions sont déjà réunies pour opérer ces réformes et avoir entre autres une limitation du nombre de mandats présidentiels à 2 et aller à des élections à 2 tours au Togo.
« Il n’y a pas encore de projet de loi sur la table de l’Assemblée nationale mais les réformes constituent pour nous la priorité des priorités. Nous n’irons pas aux locales sans faire les réformes », a-t-il promis.
Il reconnaît néanmoins qu’il peut arriver que le temps passe et que la majorité présidentielle qu’il qualifie de ‘grosse’ ne soit pas encore prête. Dans ce cas, rien n’empêche le principal parti d’opposition parlementaire d’initier une proposition de loi de réforme de la Constitution, a-t-il prévenu.
Pas question de faire dans la ‘politique spectacle’ où on annonce de ‘grande choses’ mais quand arrive la réalité, on cherche à inventer de nouvelles choses, a-t-il relevé. Cet acteur politique est certainement en train de faire allusion aux positions adoptées par la coalition des 14 au cours de la crise sociopolitique.
Pour M. Alipui, ni l’UFC, ni personne au Togo ne sont au service d’une famille, « même UNIR qui veut garder le pouvoir », a-t-il ajouté.
L’Assemblée nationale, considère le député, est une ‘sélection nationale de football composée de personnes venant de différents clubs’.
« Nous ne voyons pas les autres en face de nous comme des joueurs de l’autre équipe. Les équilibres que nous trouverons pour faire réformes sont ceux qui vont satisfaire l’intérêt des populations », a-t-il lancé.
Il a aussi insisté sur le fait que les réformes dont il est question devraient être faites depuis longtemps si les gens avaient été ‘raisonnables’. Ce qui aurait permis à l’heure actuelle au Togo, a-t-il conclu, de connaître éventuellement une alternance.





