Le ministre de la Sécurité et de la protection civile, Damahame Yark a intervenu ce lundi à 20 heures dans le journal de la télévision nationale (TVT), sur la sortie du chef d’Etat-major général des Forces armées togolaises (FAT) samedi.
Selon le ministre, c’était bien le général Félix Kadanga, l’un des occupants de la double cabine qui portait une immatriculation bien visible. Assis à la place non chauffeur, poursuit M. Yark, il a effectivement sorti une carabine comme le montrait la vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux. Cependant, a-t-il insisté, cette sortie entre dans le cadre d’une mission de routine pour voir l’efficacité du dispositif de sécurité.
«Effectivement, le chef d’Etat-major général, comme à l’accoutumée, lorsqu’il y a un dispositif de sécurité sur le terrain, il sort pour vérifier l’efficacité. Quand il a évolué, il est tombé sur la barricade. Le véhicule a manœuvré pour faire marche-arrière. C’est au moment de la manœuvre qu’il a aperçu que l’escorte qui était derrière avait sorti l’arme sans en faire usage. Il lui a intimé l’ordre de ranger l’arme et ils ont rebroussé chemin », a lancé le ministre.
Pour le général de brigade, cette double cabine avec une plaque d’immatriculation bien lisible n’a rien à voir avec le véhicule 4X4 non immatriculé dont les occupants ont tiré samedi sur les 2 personnes à Agoè Zongo.
« C’est 2 faits distincts qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre. Un véhicule 4X4 de couleur noir sans immatriculation où par après on a eu 2 corps et la sortie du chef d’Etat-major pour vérifier l’efficacité du dispositif sur le terrain », relève le ministre.
Pour le ministre, la vidéo où on voyait le chef d’Etat-major général a été travaillée. « On a une musique de fond qui annonce un film. Les fans des cinémas en savent quelque chose. Il y aussi un bruit semblant à celui d’un hélicoptère et un monsieur qui cite le nom du chef d’Etat-major général dans ce brouhaha », a-t-il narré.
D’ailleurs, a-t-il lancé, les analyses ont montré que les 2 corps portent l’impact de billes et non de balle.
« Les constatations sur le terrain ont révélé que l’une des personnes décédées samedi portait un orifice au niveau de l’œil et il n’y avait pas de sortie. Le second corps ne présentait aucune trace de balle mais à l’hôpital, après la radiologie, on a découvert que le second corps également portait un point d’entrée. L’analyse a prouvé que pour ces 2 corps, c’était des billes provenant des calibres utilisés aussi bien par les chasseurs que nos compatriotes », a indiqué Damehame Yark.
Il poursuivra en disant qu’en 2014, suite à l’immatriculation des armes par la Commission de lutte contre la prolifération, 9.000 fusils de chasse détenus par les citoyens togolais ont été dénombrés.
Le ministre de la Sécurité et de la protection civile a aussi parlé des affrontements de ce lundi à Sokodé où selon lui, une personne a péri. Selon Damahame Yark, ce décès survenu à Sokodé aussi est dû à une bille. « Il faut ratisser large pour voir qui peut être derrière tout cela », mentionne M. Yark.
Il a fini son intervention en lançant un appel. Il appelle la jeunesse togolaise à la retenue, la coalition des 14 partis politiques de l’opposition à la responsabilité, les autres acteurs politiques engagés dans le processus électoral à continuer ’sérieusement’ la campagne électorale et les forces de l’ordre et de sécurité à la vigilance.





