Les partenaires sociaux de la zone franche togolaise se sont dotés d’un cadre de dialogue social. Le protocole d’accord pour la mise en place de ce cadre a été signé ce mardi à Lomé.
Le document a été paraphé par le président de l’Association des sociétés de zone franche (ASOZOF), Victor Kossi Adodo, le Directeur général par intérim de la Société d’administration de la zone franche (SAZOF), Atsouvi Yawo Sikpa et le porte-parole du collectif des syndicats de la zone franche.
Ce cadre de concertation et de dialogue social entre l’Etat, les employeurs et les travailleurs de la zone franche transparaît à l’article 86 de la Convention collective sectorielle de la zone franche, signée le 16 octobre 2012.
La cheville ouvrière de cet accord tripartite est Victor Kossi Adodo, arrivé à la tête de l’ASOZOF en avril 2017. Dans son discours de circonstance, le patron des employeurs des sociétés de la zone franche a rappelé que selon les termes de l’Organisation internationale du travail (OIT), le dialogue social s’entend des processus de négociations, de partage de l’information, de consultation, de gestion de conflits mis en place par le gouvernement, les employeurs et les travailleurs, sur des questions liées à la politique économique et sociale menée par l’Etat.
« Le dialogue social se situe donc au cœur de l’harmonie sociale et constitue de ce fait un instrument de gestion de conflits sociaux, un outil de recherche de consensus », a-t-il déclaré.
Il revêt, a-t-il poursuivi, un triple avantage pour les parties prenantes. « Pour les employeurs, la qualité du dialogue social entraîne l’augmentation de la productivité, de la rentabilité et du profit. Pour les travailleurs, le dialogue social produit des effets bénéfiques relatifs à l’expérimentation du travail décent, productif, réalisé dans des conditions de sécurité, de liberté, d’égalité et de dignité. Pour l’Etat, la complémentarité des intérêts des employeurs et des travailleurs devient l’intérêt général dont il est le défenseur et le garant », a-t-il relevé.
Il n’a manqué de retracer le chemin parcouru par la zone franche au Togo. Cette zone de l’activité économique jugée prioritaire par les autorités d’un pays et présentant des avantages fiscaux afin d’attirer l’investissement et de développer l’activité économique, a déjà parcouru un long chemin.
La zone franche industrielle a été créée en 1989 et les premières entreprises ont commencé par s’y installer dès 1990. Dans cette dynamique, un comité des chefs d’entreprises a vu le jour pour négocier avec un collectif des travailleurs de la zone franche.
Le 1er juin 1996, l’accord sur les relations de travail entre employeurs et travailleurs de zone franche a été signé. Il s’agissait d’un outil de dialogue social, né de la volonté et de la concertation entre travailleurs, employeurs et Etat. Les négociations tripartites conduiront plus tard à la convention collective de la zone franche du Togo.
Atsouvi Yawo Sikpa, le Directeur général par intérim de la SAZOF a félicité les employeurs et les travailleurs de la zone franche. « Vous êtes sur la bonne voie et nous ne pouvons que vous soutenir et vous accompagner. Le dialogue social est nécessaire, je dirai même vital », a-t-il dit.
A en croire Hessikoma Kaman, porte-parole du Collectif des syndicats de la zone franche, malgré l’existence des mécanismes de concertation et de dialogue existant dans les entreprises, le constat est que les conflits sociaux restent persistants au sein des entreprises, avec à la clé, des grèves. Ce cadre est donc le bienvenu, a-t-il insisté.
Pour information, le jour de la signature de ce protocole d’accord n’est pas choisi fortuitement. Il marque le 1er mai, journée internationale des travailleurs.





