La jeunesse de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition a animé ce lundi à Lomé, une conférence-débat sur la crise politique au Togo, autour du thème : « mobilisation populaire pour le retour de la Constitution de 1992 : comprendre le sens des notions de peuple, de paix et de violence ».
Dans sa communication, Dr Kossi Gnagnon, jeune des Forces démocratiques pour la République (FDR) a d’entrée de jeu signifié que le Togo ploie sous le joug d’une « oligarchie », un régime dans lequel c’est une minorité qui est aux commandes et qui « malheureusement », s’accapare des richesses du pays.
« Le chef de l’Etat lui-même l’a mentionné. Si nous situons le débat dans ce contexte, nous pourrions au mieux comprendre le sens approprié de paix, de violence et de peuple », a déclaré le communicateur.
Selon lui, le peuple, une notion très abstraite et beaucoup plus abstraite dans le contexte togolais où tout le monde l’utilise à son compte, est cet agglomérat de la masse qui reste dans la paupérisation et dans le dénuement total et laissé pour compte. « Dans ce contexte, nous l’opposons à la minorité », a-t-il ajouté.
S’agissant de la violence, les jeunes de l’opposition ont tout d’abord réaffirmé qu’ils sont contre elle. Tout en reconnaissant à l’Etat d’avoir le monopole de la « violence légitime » qui ne doit pas être utilisée arbitrairement contre la population mais dans l’intérêt du pays et contre tout ce qui briserait la discipline, le communicateur a fait savoir que la violence, à proprement parler, vient de l’oligarchie au pouvoir.
« Le régime d’exclusion de la majorité est la première violence exercée par le pouvoir en place. Le refus de l’application de l’Accord politique global, les restrictions aux libertés de manifestation, la coupure d’internet et du courant électrique à des fins de répression sont d’autres formes de violence. Même le mutisme du chef de l’Etat en est une autre », a-t-il expliqué.
Sur le concept de paix, M. Gnagnon a cité Spinoza qui disait que cette notion n’est pas l’absence de guerre. Il a relevé que lorsqu’on parle de paix, on fait allusion à un état de béatitude, de vivre ensemble et à des ressorts comme l’accès de la majorité à un niveau vital, le développement, la lutte contre l’impunité et la corruption, sans oublier l’éducation et la santé.
Or dans le cas du Togo, a-t-il poursuivi, on assiste à une paix « décrétée » qui n’est autre que celle de la minorité au pouvoir qui cherche à tout prix à faire la violence pour sauvegarder ses intérêts. « Dans ce sens, la paix ne saurait être une paix valorisante et le premier ennemi de la paix, ce n’est pas la majorité mais plutôt la minorité », a-t-il relevé.
« Tant qu’on aura pas répondu au cri de détresse de la majorité des Togolais, il sera impossible de construire une paix durable », a-t-il conclu.
Prenant part à cette « grande rencontre » d’échanges de la jeunesse de l’opposition, Fulbert Attisso, l’un des 14 leaders de la coalition de l’opposition, a apporté des nuances. Selon lui, l’oligarchie peut ne pas être une mauvaise chose en soi dans la mesure où elle peut gouverner dans l’intérêt de la majorité. « Au Togo, on est certes dans le cas d’une oligarchie mais c’est une oligarchie dictatoriale », a soutenu le président du parti « Le Togo autrement ».
Pour cet acteur politique, il faut aussi relever que la violence légitime dont l’Etat a le monopole, est utilisée au Togo contre la population. Pour s’en convaincre, il a cité l’exemple des « hommes en cagoules » qui ont opéré aux côtés des forces de l’ordre et de défense les 18 et 19 octobre derniers à Lomé, lors des manifestations de l’opposition.
Les organisateurs ont remercié la présence massive des jeunes de l’opposition qui se sont mobilisés pour participer à cette rencontre et démontrer que la jeunesse de l’opposition est « engagée » et « responsable ».





