« Faure dans un cul-de-sac comme Kabila ». Cette comparaison entre les présidents togolais et congolais est un titre qu’on peut lire à la une de l’hebdomadaire « Fraternité » n°242 de ce mercredi.
Selon le journal qui cherche à démontrer que les deux pays se trouvent aujourd’hui dans une même situation politique, « les événements se tournent contre le pouvoir de Lomé un peu aux allures de ce que traine son frère de la République démocratique du Congo depuis deux ans ».
« On ne peut s’empêcher de lire qu’au-delà des exhortations plus qu’évidentes du club occidental au respect des valeurs d’alternance et des droits de l’homme, Kabila, Faure et dans une certaine mesure, Ali Bongo, se retrouvent aujourd’hui dans une posture panafricaine contre les donneurs éternels de leçons », écrit-il.
Le journal ne s’arrête pas cette comparaison. Dans cette interrogation : « Faure pourra-t-il tenir comme Kabila ? », « Fraternité » énumère les différences qui existent entre les deux chefs d’Etat.
« Le mal est que dans le cas précis du Togo, le management qui a été fait de la base de 2005 à ce jour, a laissé suffisamment de brèches qui servent aujourd’hui de ferments aux désapprobations tant internes qu’externes. Encore qu’à la différence de Kabila, Faure Gnassingbé dispose de moins d’éléments pour jouer à la diversion et à la division du bloc occidental », note-t-il.
La RDC, lit-on, est un mini continent tant en ressources qu’en espace alors que le Togo n’est qu’une portion de terre. « Kabila, à l’époque, avait été mis sur le fauteuil présidentiel par ses détracteurs d’aujourd’hui, le fils d’Eyadéma n’est pas arrivé au pouvoir par la même porte », relève-t-il.
Sur le plan diplomatique, le journal dit noter également une profonde différence. « L’argument d’acteur stratégique et très prompt dans la lutte contre le terrorisme sur terre et sur mer qui dorait quelque peu l’image du pouvoir de Lomé, vient d’être presque fondue avec l’inscription au rouge, du pays d’Idriss Deby », ajoute-t-il.
Et un retour sur l’interview accordée par le prélat togolais, Mgr Denis Amuzu-Dzakpa, au journal « La Croix », poursuit-il, montre que la communauté internationale a voulu depuis des années par divers moyens ouvrir une porte de sortie au régime « cinquantenaire » de Lomé.
Pour étayer cet argument, le journal cite le prélat qui dit ceci : « en 2006, un accord politique global avait été signé entre les politiques et la société civile. Trop peu de choses ont été appliquées. Ensuite les réformes ne venant pas, nous avions participé à la CVJR. Nos recommandations n’ont été totalement prises en compte par les autorités, qui auraient pu agir plus et mieux. Notre travail n’a pas été vain mais nous peinons à en voir l’issue aujourd’hui ».





