La coalition de l’opposition togolaise CAP 2015-G6-PNP-CAR-Santé du peuple va déverser dans les rues sur toute l’étendue du territoire national, les Togolais pour des manifestations « décisives ». Et ce sera les 4 et 5 octobre prochains.
L’annonce a été faite ce jeudi par Tikpi Salifou Atchadam, le leader du Parti national panafricain (PNP), invité ce jeudi de l’émission « Taxi presse » de la radio Taxi FM.
A l’occasion de cette première sortie publique et médiatique depuis le 7 septembre dernier, l’homme qui hier encore était dans les maquis, a répondu à plusieurs questions, notamment le caractère intégriste qu’on reproche à son parti politique, le projet de loi de révision constitutionnel adopté par les députés UNIR, le terme de « peuple », le dialogue et ce que l’opposition compte faire pour arriver à obtenir le retour à la Constitution de 1992.
‘C’est une niaiserie que de penser que le PNP est un parti intégriste’
Selon M. Atchadam, c’est une niaiserie que de penser que le PNP est un parti intégriste. Ce qu’il se passe plutôt, c’est que le régime de Faure Gnassingbé qu’il qualifie de « pouvoir sourd-muet et aveugle » veut avoir des ennemis à abattre.
« Quand ils voient le PNP, ils trouvent des adversaires politiques qui les attendent sur le terrain du débat politique et cela les met mal à l’aise. Ils veulent coûte que coûte des ennemis à abattre, voilà pourquoi ils passent par tous les moyens pour nous armer. Nous n’en voulons pas. Nous croisons les bras pour une lutte pacifique mais ils veulent nous tendre des armes. Nous avons mis deux ans à former nos militants au pacifisme. Le terrain de la violence, c’est leur terrain et comme ils ne nous voient pas sur ce terrain, celui de la violence, ils sont mal à l’aise. Ils savent que tout ce qu’ils racontent est faux et ça me fait rigoler », a-t-il déclaré.
Pour lui, on ne devient pas intégriste du jour au lendemain. « J’ai grandi dans un milieu Tem où on a des églises et des mosquées et cela n’offusque personne. Des Mina, des Ewe, d’Aného, de Tsévié vivent ensemble sans avoir un problème religieux. D’où vient aujourd’hui l’idée de taxer l’Islam du Togo d’Islam intégriste ? », a-t-il ajouté.
‘Chacun a son peuple’
Le président du PNP pense que finalement, chacun a son peuple. Néanmoins, il faut reconnaître qu’il n’est pas compréhensible de voir que « la minorité qui s’accapare des richesses du Togo n’arrive pas à avoir le peuple.
« Il y a une différence entre les manifestations. D’un côté, on vient en bus, bien véhiculé, on reçoit 5.000 francs par tête et puis on ne craint pas la police et la répression. De l’autre, les gens viennent volontairement, ils ne reçoivent pas un seul franc et c’est même là qu’ils sont les plus nombreux. L’opposition a manifesté à Lomé, à Dapaong, mango, Kara, Bafilo, sokodé tchamba, Kpalimé et dans la diaspora de par le monde. Le RPT/UNIR a manifesté seulement dans un coin de Lomé. Quand on sort pour manifester pour UNIR, on ne craint rien, mais quand on va manifester pour l’opposition, on n’est pas sûr de revenir à la maison », a-t-il relevé.
Et d’ajouter que le travail que l’opposition fait actuellement contribue à libérer les candidatures au niveau du parti au pouvoir. La preuve, a-t-il soutenu, « si aujourd’hui le pouvoir de Faure Gnassingbé s’en va, on verra des dizaines de candidatures au sein d’UNIR. Nous travaillons à les libérer et ils le savent ».
Ce que propose le pouvoir, c’est une ‘monarchie’
A en croire Tikpi Salifou Atchadam, le pouvoir de Faure Gnassingbé ne veut pas de l’alternance au Togo et tout ce qu’il avance, n’est qu’argutie. « Ils fatiguent le peuple pour rien », pense-t-il. Ce que pouvoir propose en réalité à travers son projet de loi et le référendum qu’il envisage, n’est qu’une monarchie et la mise du compteur à zéro.
« Le peuple togolais n’est pas prêt d’accepter cela. Ce sera leur Constitution contre la nôtre », a-t-il prévenu.
« En 2017, on veut nous imposer une monarchie, un pouvoir à vie. Depuis le 19 août, le chef de l’Etat n’a pas ouvert la bouche. Ce qui veut dire qu’il s’en fout peut-être. S’il s’en fout, pourquoi il s’intéresse au pouvoir et s’y accroche ? », note-t-il.
Sur le dialogue
« Ce serait illogique que des pacifistes que nous sommes rejettent une idée de dialogue pacifique », dit M. Atchadam lorsque la question lui a été posée concernant le dialogue avec le pouvoir. Cependant, a-t-il rappelé, « le dialogue permet au dictateur de gagner du temps » et l’opposition togolaise n’a pas enclenché les mouvements pour obtenir un dialogue ou une assise autour d’une table.
L’opposition, poursuit-il, n’est pas prête à discuter pour discuter. « Tout dépendra de la thématique autour de laquelle on va discuter. Je ne serai pas à une table pour discuter des détails de la Constitution de 1992. Il n’y a pas d’ordre du jour pour l’instant qui garantit la participation de l’opposition », relève le président du PNP.
Et elle est prête à continuer dans la rue jusqu’à satisfaction de ses revendications. « Si rien ne bouge, c’est qu’on n’est pas encore arrivé au chiffre critique qui va faire basculer les choses. Et on va continuer jusqu’à arriver à ce chiffre critique », a-t-il prévenu.





