samedi, juin 25, 2022
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    Togo : vers la prise en compte de l’ABDH dans les programmes et politiques de développement

    C’est un secret de polichinelle. La plupart des programmes de développement ne prennent pas en compte de manière conséquente la démarche orientée vers les droits de l’Homme. Une table ronde organisée par le Collectif des associations contre l’impunité au Togo (CACIT) et le ministère en charge des droits de l’homme, avec l’appui financier de National Endowment for Democracy (NED), a encore abordé la question jeudi à Lomé.

    A cette rencontre, un travail de synergie de tous les acteurs impliqués  a permis d’harmoniser les indicateurs pour la mise en œuvre de l’approche basée sur les droits de l’homme (ABDH) dans les programmes et politiques de développement au Togo.

    Prenant la parole à cette table ronde, Ghislain Nyaku, Directeur exécutif du CACIT, a d’abord tenu à planter le décor. Cette table ronde, a-t-il rappelé, s’inscrit dans la continuité des activités organisées lors des ateliers tenus du 15 au 17 puis du 20 au 22 décembre 2021. A ces 2 ateliers de renforcement des capacités sur les ABDH auxquels ont pris part des acteurs des organisations de la société civile, des médias et des acteurs étatiques, un vivier d’acteurs engagés sur les thématiques de l’ABDH, le contrôle citoyen de action publique (CCAP) et l’importance de la redevabilité des gouvernants, a été constitué. Les indicateurs validés ce jour, ont également été définis avec l’aide d’un consultant.  Cette table ronde n’est que la suite logique de ces 2 ateliers.

    « La portée et l’importance de la prise en compte de l’Approche Basée sur les Droits de l’Homme ne sont plus à démontrer. Les problèmes d’ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire, ne peuvent être résolus sans développer et encourager le respect des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales pour tous », a déclaré M. Nyaku.

    Il a donc été question pour les participants à cette table ronde de rendre disponible les propositions d’indicateurs des organisations de la société civile, des médias et des acteurs étatiques, et de disposer d’une version validée et harmonisée de ces derniers qui seront prêts à être utilisés pour le suivi de la mise en œuvre de l’ABDH dans les ministères.

    Les indicateurs dont il s’agit tiennent compte de 6 domaines à savoir l’équité, égalité, le genre et l’autonomisation de la femme ; l’éducation et la formation professionnelle ; la santé et l’amélioration du cadre de vie ; le développement local ; la protection sociale et civile ; la justice équitable et les droits humains.

    Selon les informations, la situation de l’absence de l’ABDH dans les programmes et politiques de développement passe par 3 raisons. D’abord, en juin 2017, il est ressorti le constat selon lequel les agents de l’administration publique, surtout ceux qui s’occupent des questions de développement ont une connaissance limitée des notions de droits de l’Homme et n’intégrèrent pas de ce fait l’approche basée sur les droits de l’Homme dans leurs politiques et programmes. Même ceux qui les connaissent, œuvrent peu pour une intégration systématique de l’ABDH dans ces programmes et politiques.

    Ensuite, il y a des difficultés de traduire les normes de droits de l’Homme en directives concrètes pour l’élaboration de programmes applicables à des contextes d’actions variés et à des circonstances nationales différentes.

    Enfin, il y a une double méfiance, d’une part des acteurs étatiques à prendre en compte la question des droits de l’Homme dans leurs actions et d’autre part à l’endroit des organisations travaillant dans le domaine des droits de l’Homme. 

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