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Ces dernières années, tous les discours font allusion à la promotion de la femme comme levier incontournable du développement. Comme en politique, en droit, en économie, en philosophie et bien d’autres domaines, là aussi, malheureusement, l’Afrique a choisi de mimer. Et pourtant, ce ne sont pas des modèles locaux de promotion de la femme qui manquent sur le continent. C’est le cas du Vodoun qui, de tout temps, fait la promotion de la femme, sans en mentionner un seul mot.
Cette richesse culturelle multiséculaire pratiquée dans certains pays africains comme le Nigeria, le Bénin, le Togo et le Ghana et dans laquelle la différence de genre est une donnée fondamentale, est un modèle à suivre en matière de promotion de la femme, selon Prof. Mahougnon Kakpo, universitaire et président du Comité national des rites Vodoun au Bénin.
« Le Vodoun est une religion de la femme, contrairement à la plupart des autres religions. Dans certaines, les femmes sont reléguées en arrière-plan, dans d’autres encore, la femme ne peut jamais occuper le niveau le plus élevé dans la hiérarchie », a-t-il dit.
Par contre dans le Vodoun, poursuit-il, la femme est là de la base jusqu’au sommet et même peut avoir le grade supérieur.
Pour étayer son affirmation, il a donné plusieurs exemples. Dans les communautés africaines, notamment dans les maisons, sans la femme, on ne peut pas dire une petite ‘prière’. C’est la femme qu’on appelle Tayinon en Fon ou Tassinon en Ewe à qui appartient ce rôle cardinal.
« En l’absence de cette tante, on est obligé de prendre une petite fille de la maison et c’est elle qui dit la prière », a rappelé l’universitaire.
Dans les couvents, soutient-il, celles qui composent et créent les chansons Vodoun que les arts modernes récupèrent aujourd’hui, de même que les danses, ce sont encore les femmes. Il en va de même pour les panégyriques du Vodoun, les rituels les plus compliqués et même les ordres initiatiques africains.
« Le grade le plus élevé, la femme peut l’occuper et ce sont elles qui ont les secrets les plus confidentiels », lance le professeur selon qui, lorsqu’on enlève la femme dans le Vodoun, on n’a plus de Vodoun.
Faut-il le rappeler ? L’Afrique, de tout temps, n’a jamais été une société patriarcale qui relègue la femme aux rôles sociaux secondaires. L’histoire africaine affiche plusieurs femmes qui ont conduit la destinée des communautés entières pendant des années et ont même été au premier plan dans les guerres. Ce qui n’est pas le cas des autres peuples. Le caractère patriarcal des communautés africaines d’aujourd’hui est donc le fait des peuples auteurs de la traite négrière et de la colonisation. Les mêmes qui, aujourd’hui, sont paradoxalement pour certains Africains, les exemples en matière de promotion de la femme.
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