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22 Feb 2018

Droits humains : Amnesty International préoccupée par le cas togolais

« Recours excessif à la force », « répression du droit à la liberté d’expression », « impunité », voilà les traits qui caractérisent l’état des droits de l’homme au Togo, selon Amnesty International.

Dans son rapport annuel 2017/2018 qu’elle a rendu public ce jeudi, l’ONG internationale de défense des droits de l’homme estime que les autorités ont continué de restreindre les droits à la liberté d’expression et de réunion lors de manifestations de masse organisées par des groupes d’opposition au cours desquelles les forces de sécurité ont eu recours à une force excessive contre des manifestants.

En matière de recours excessif à la force, Amnesty International signale que d’août à décembre 2017, période au cours de laquelle l’opposition politique a manifesté en masse dans les grandes villes du pays, « de violents affrontements ont eu lieu de manière sporadique entre des groupes d’opposition et des sympathisants du parti au pouvoir. Les forces de sécurité ont effectué des descentes dans les maisons et des lieux de prière, et frappé des gens, y compris des personnes qui n’avaient pas participé aux manifestations ».

Au moins dix (10) personnes ont été tuées, dont deux (2) membres des forces armées et trois (3) enfants âgés de 11 à 14 ans, souligne-t-elle. Plus de 200 personnes, note-t-on dans le rapport,  ont été arrêtées et au moins 60 d’entre elles ont été condamnées à des peines allant jusqu’à 60 mois d’emprisonnement pour « rébellion, destruction volontaire, voie de fait, violence envers des représentants de l’autorité publique, troubles aggravés à l’ordre public et vol aggravé ».

S’agissant de la liberté d’expression, Amnesty International n’a pas passé sous silence la coupure d’internet. « Pendant 9 jours en septembre 2017, les autorités ont bloqué internet alors que se tenaient des manifestations conduites par l’opposition. Cette mesure a perturbé le déroulement de ces manifestations et entravé le travail des militants des droits humains et des journalistes qui suivaient l’évolution du mouvement de contestation », précise le rapport.

Amnesty International épingle les autorités togolaises en matière d’impunité. Pas la moindre mesure prise pour identifier les responsables présumés des violations des droits humains, y compris en ce qui concerne la mort de près de 500 personnes, commises au cours des violations ayant émaillé l’élection présidentielle de 2005, regrette Amnesty International.

L’organisation précise qu’aucune des 72 plaintes déposées par des familles de victimes auprès des tribunaux d’Atakpamé, d’Amlamé et de Lomé n’a donné lieu à une enquête exhaustive.

 

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